Atelier
& Exposition
Passé recomposé
Les expérimentales à Rouen
En partenariat avec l’École nationale supérieure d’architecture de Normandie et le ministère de la Culture
> Inauguration de l’exposition Passé recomposé Mardi 20 janvier 2026, 19h, Maison de l’architecture de Normandie, Rouen
Organisée dans le cadre de l’opération « Les expérimentales » initiée par le Fonds de dotation Quartus pour l’architecture en partenariat avec le ministère de la Culture, l’exposition Passé recomposé, présentée à la Maison de l’architecture de Normandie – Le forum, retrace une expérience pédagogique inédite autour des enjeux du réemploi – menée sous la direction des architectes et enseignants Julien Choppin et Soraya Haffaf – et donne à voir les prototypes échelle 1 réalisés par 20 étudiants de master 1 de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie.
Embrassant les impératifs de sobriété qui s’imposent à tout architecte soucieux du respect des limites planétaires, cette expérimentation pédagogique Passé recomposé et l’exposition qui l’accompagne illustre cette nouvelle façon de concevoir où la forme architecturale ne suit plus uniquement la fonction, mais doit suivre aussi la disponibilité matérielle. La conception s’appuie alors sur le cycle de la matière, en transformant des ressources existantes (tuiles, rails métalliques tubes Pvc, etc…), pour leur redonner une seconde vie. Ces recompositions font l’objet de prototypes échelle 1, comme autant de démonstrations créatives à destination de tous les constructeurs : des fragments d’architectures potentielles pour dessiner les contours d’une esthétique du réemploi.
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Avec les 20 étudiant.e.s de master 1 au sein du domaine d’études Expérimentation de l’École Nationale Supérieure d’Architecture de Normandie
Matis Chiron / Charlotte Claye / Marie Clerte / Elise Dunach / Julian Elie / Baptiste Fontvieille / Camille Giraudon / Louane Guillemine / Mohamed Hamzaoui / Jasmine Joly / Antoine Lair / Lorill Langlais / Bastien Launay / Simon Le François / Baptiste Menniti / Thibaut Peuvrel / Romane Realan Lucie Rey / Amélie Tramier / Dalila Zanotti
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Atelier pédagogique
Passé recomposé – Expérimenter le réemploi
Atelier mené à l’ENSA de Normandie sous la direction de Julien Choppin et Soraya Haffaf
avec la participation de Laurent Mouly, Carole Lemans et Benoit Flin
en partenariat avec la ressourcerie Les Bâtineurs et le bureau d’études réemploi Espace Disponible
Graphisme : Atelier Pierre Pierre / Guillaume Tourscher
Photographies : .kit
« Déconstruire soigneusement des bâtiments obsolètes pour en reconstruire d’autres. Cette logique d’économie matérielle a longtemps accompagné tous les bâtisseurs, installant durant des siècles, le réemploi des matériaux sous le signe de l’évidence et du bon sens constructif. Mais dans le règne de l’extractivisme débridé et du jetable généralisé, cette pratique fut oubliée et marginalisée.
Depuis une quinzaine d’années pourtant, peut-être rattrapée par la fureur de l’anthropocène qui gronde, c’est toute une filière qui s’est mise en mouvement et s’est organisée petit à petit. On valorise, on dépose, on déconstruit, on stocke, on prépare, on reconditionne, on garantit… Des pionniers défrichent des chemins en sortant des sentiers battus pour réinventer de nouveaux métiers, en remplissant des entrepôts ou en rassurant les assureurs. Preuve ici-même à Rouen, qui dispose par exemple de sa ressourcerie de matériaux et de son équipe de déconstructeurs (les Bâtineurs) ou de son bureau d’étude spécialisé qui accompagne maîtrise d’ouvrage et maîtrise d’œuvre (Espace Disponible).
Pratique fondamentalement située, c’est donc souvent à l’échelle régionale que le réemploi des matériaux manifeste le plus clairement sa pertinence. Dans une étrange et similaire vitalité, les matériaux réapprennent alors à circuler comme le sang. Sur un même territoire, des bâtiments, parfois voisins, seront dits donneurs tandis que d’autres seront dits receveurs. La tombe des uns rencontre le berceau des autres.
Mais la révolution est lente dans un secteur qui pèse ses déchets en millions de tonnes, et où l’on estime qu’un pour cent seulement de ces matériaux seront effectivement réemployés dans le Bâtiment. L’offre est là manifestement, fronçant les sourcils devant une demande encore trop timide et un peu frileuse.
La faute aux architectes ? Peut-être, car c’est nous qui prescrivons des matériaux, comme les médecins des médicaments, mais ce changement de méthode appelle surtout un engagement volontaire de l’ensemble des acteurs de la construction devant ce nouveau paradigme matériel.
Ne pas nous blâmer mais plutôt nous former : c’est l’intuition défendue par l’exposition Passé recomposé présentée à la Maison de l’architecture de Normandie.
Embrassant les impératifs de sobriété qui s’imposent à tout architecte soucieux du respect des limites planétaires, l’exposition Passé recomposé présente cette nouvelle façon de concevoir où la forme architecturale ne suit plus uniquement la fonction, mais doit suivre aussi la disponibilité matérielle. La conception s’appuie alors sur le cycle de la matière, en transformant des ressources existantes (tuiles, rails métalliques tubes Pvc, etc…), pour leur redonner une seconde vie. Ces recompositions font l’objet de prototypes échelle 1, comme autant de démonstrations créatives à destination de tous les constructeurs : des fragments d’architectures potentielles pour dessiner les contours d’une esthétique du réemploi. »
Julien Choppin & Soraya Haffaf, architectes et enseignants
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